Lu, enfin, Le lièvre de Patagonie. Compris le titre. Pas miraculeux. Le titre. Des passages extrêmement drôles, sur sa mère et le coiffeur, sur sa traversée avec un rabbin algérien – Lanzman ignore tout du shabbat-, sur sa rencontre avec un rabbin ashkénaze lançant des bouts de poissons à ses élèves comme à des otaries, parfois touchant sur son père qui le soumet, lui et son frère, à un entrainement en cas de rafle, sur Simone de Beauvoir, mon ex voisine de la rue Schoelcher. Beaucoup de belles pages donc et une lecture assez rare pour un livre commis par une sorte d’ours qui semble hanter la rue Boulard à vélo ou dans une voiture électrique minuscule et dans laquelle il entre comme un boxeur sur le ring. Une interrogation, pourquoi sa grand mère, juive, achetait du jambon ? Ais je bien lu ou trop vite lu ?
Lanzman est donc l’homme de ce livre, l’auteur d’un article sur lequel il revient longuement et dont le titre m’échappe mais qui est à propos d’un curé meurtrier -que je me suis promis de lire-, l’éditeur des Temps modernes, l’un des compagnons de Simone, le frère d’une femme dont il fait le portrait attachant et qui finira mal, et l’inventeur de la Shoa grâce à son film dont il raconte la genèse et les péripéties. Que dire de plus, il me faudrait voir Shoa, dont je n’ai vu que des morceaux et notamment de longs moments qui se passent en Pologne où les paysans du coin se remémorent les odeurs, les trains. Cette indifférence.
Le plus étrange de l’histoire est qu’elle se produit dans des lieux comme celui là. Inconnu. Sans intérêt.Gris, sales et tristes. Des sortes de lieux ou les hommes semblent en trop. Seules les villes ont une âme.
