vendredi 5 juillet 2013

Le lièvre de Patagonie

Lu, enfin, Le lièvre de Patagonie. Compris le titre. Pas miraculeux. Le titre. Des passages extrêmement drôles, sur sa mère et le coiffeur, sur sa traversée avec un rabbin algérien – Lanzman ignore tout du shabbat-, sur sa rencontre avec un rabbin ashkénaze lançant des bouts de poissons à ses élèves comme à des otaries, parfois touchant sur son père qui le soumet, lui et son frère, à un entrainement en cas de rafle, sur Simone de Beauvoir, mon ex voisine de la rue Schoelcher. Beaucoup de belles pages donc et une lecture assez rare pour un livre commis par une sorte d’ours qui semble hanter la rue Boulard à vélo ou dans une voiture électrique minuscule et dans laquelle il entre comme un boxeur sur le ring. Une interrogation, pourquoi sa grand mère, juive, achetait du jambon ? Ais je bien lu ou trop vite lu ?

Lanzman est donc l’homme de ce livre, l’auteur d’un article sur lequel il revient longuement et dont le titre m’échappe mais qui est à propos d’un curé meurtrier -que je me suis promis de lire-, l’éditeur des Temps modernes, l’un des compagnons de Simone, le frère d’une femme dont il fait le portrait attachant et qui finira mal, et l’inventeur de la Shoa grâce à son film dont il raconte la genèse et les péripéties. Que dire de plus, il me faudrait voir Shoa, dont je n’ai vu que des morceaux et notamment de longs moments qui se passent en Pologne où les paysans du coin se remémorent les odeurs, les trains. Cette indifférence.


Le plus étrange de l’histoire est qu’elle se produit dans des lieux comme celui là. Inconnu. Sans intérêt.Gris, sales et tristes. Des sortes de lieux ou les hommes semblent en trop. Seules les villes ont une âme.

Anquetil tout seul

Aujourd'hui le Tour de France part de Corse et il n'est question que de dopage. Tous les vainqueurs des quinze dernières années se sont dopés. Il faudrait remonter à Greg Lemond pour trouver un vainqueur propre. Pourtant... 
Lu un livre sur Anquetil, attachant, aimant. Anquetil tout seul de Paul Fournel. L’étrange c’est que ce quintuple vainqueur du Tour de France n’était pas aimé, la France préférait le rustique Poulidor. Plus étrange, ce type avouait tout bonnement prendre des produits dopants et en riait, provoquant. Imagine t-on un coureur aujourd’hui avoir la même liberté de ton, alors même que le dopage est une pratique généralisée. Regardons les mâchoires de nos champions, ces hypertrophies des maxillaires, pour voir un banc de piranhas. Mais, venteux, ils n’alignent pas une phrase sur leurs pratiques, sauf, quand pris dans la nasse, ils avouent sous contrôle d’agences de communication. Anquetil appartient à un temps plus heureux, ou on se dopait mais où on pouvait encore croire qu’un champion restait champion même si il fréquentait le pharmacien.

A part cela, ce livre recréé un peu la poésie du Tour de France en noir et blanc, celui des après midi de juillet, chez le père Allouard, seul détenteur d’un poste de télévision qu’il descendait au garage qu’il ouvrait comme une salle de cinéma gratuite à tous les enfants de la cité.