mercredi 3 juillet 2013

Bruits


J’aime le bruit. Les livres sonores m’enchantent. José Maria de Heredia, comme le Salammbô de Flaubert et la poésie de Saint John Perse. Tout cela me sied, m’amuse, et il m’arrive de simplement rechercher sur Internet un poème de Heredia pour qu’aussitôt, tel un bandit manchot, la bibeloterie sonore tombe, comme des jetons.

"Toi, tu fondas, orgueil du sang dont je naquis,
Dans la mer caraïbe une carthage neuve
Et du Magdalena jusqu'au Darien qu'abreuve
l'Atraro, le sol rouge à la croix fut conquis" 

Au même (A un fondateur de ville) 
« … Toujours il y eut cette clameur, toujours il y eut cette splendeur,
« Et comme un haut fait d’armes en marche par le monde, comme un dénombrement de peuples en exode, comme une fondation d’empires par tumulte prétorien, ha ! comme un gonflement de lèvres sur la naissance des grands Livres,
« Cette grande chose sourde par le monde et qui s’accroît soudain comme une ébriété
Exil (Chant III)

Punta Umbria

Punta Umbria, Andalousie, cote atlantique, proche de Huelva, de Palos de Moguer, où "routiers et capitaines, partaient, ivres d’un rêve héroïque et brutal..." La réalité est que Moguer existe, ainsi que Palos de la frontera, mais pas Palos de Moguer... 

Punta Umbria. Le village de pêcheur a depuis longtemps été submergé par une vague de béton. Il reste des petits immeubles de deux à trois étages, des rues pavées ou cimentées. Rien n’est beau. Un autre quartier sur les dunes est plus chic, mais vide. Je préfère le vieux quartier de pêcheurs concentré sur la calle ancha où tout se passe. Tout ? Pas grand chose, sinon la vie quotidienne, le paséo, et ce bruit, ce tapage andalou sans fin. Pas un touriste, pas une voix étrangère, rien que ce castillan parfois incompréhensible, trop rapide. L’impression étonnante d’être parfaitement chez moi.