Journal : vite vu ou lu

Delphine Batho : 3 juillet 2013


Vu, ce matin, Delphine Batho à la sortie de ministère, à pieds, grande, belle comme une figure de proue, triste me semble t-il. Elle prend le métro. Son limogeage est une erreur inutile. Comme ministre ? Elle ne faisait pas confiance à l'administration et au cabinet.

Adonis et le futur...


A lire l’interview d’Adonis dans El Watan du 1er juin 2013 , où il évoque Tahar Djaout, tué par les islamistes il y a vingt ans et au delà du monde musulman d’aujourd’hui. Adonis est très pessimiste et il paraît difficile de dire autre chose que ce qu’il dit :  
 " Si nous voulons être précis avec les mots, on ne peut parler de «transformations» dans le Monde arabe.
Lorsque nous parlons de «transformation» sociale ou culturelle, cela signifie que de nouvelles fondations sont jetées dans la société ou la culture. Rien de tout cela dans le Monde arabe aujourd’hui. Il y a une accumulation de motifs, historiquement traditionnels, qui ne visent qu’à renverser un pouvoir pour le remplacer par un autre. (…) Ces changements étaient, par le passé, courants et rapides : on surprenait le gouvernant dans sa chambre et on le tuait. Aujourd’hui, le pays entier est surpris et devient le théâtre de la mort et de la destruction." 

J'ai souvent pensé que nous étions revenus aux temps des Deys toujours à la merci de la milice, qui les élève ou les dépose à son gré. En Algérie, comme ailleurs. Nous verrons bien ce qui adviendra dans les mois qui viennent. Comment et par qui Bouteflika sera remplacé et comment l'impétrant sera ''élu''. Pour l'instant c'est le black-out. Bouteflika est encore à l'hôpital. Des images ont été diffusées il y a peu de temps, prises au Val-de-Grace  et non pas aux invalides contrairement aux affirmations.


Incontinences

Les journaux algériens sont pleins de déclarations d’anciens militants de l’indépendance. Une foule de vieillards remplissent les journaux de leurs déclarations grotesques. Un certain Mohamed Mechati critique ainsi Messali Hadj dont l’apport se résumerait  « à trois aspects : zaïmisme, populisme et activisme irréfléchi», ajoutant que les Algériens «ont perdu beaucoup de temps avec l'ENA qui était, au final, une tromperie et un frein». Ces déclarations personnelles et phénoménales, s’accompagnent de révélations fracassantes, qu’il est inutile de reprendre ici.  On retrouve à travers ce témoignage, tout l’aveuglement des hommes de la génération de novembre, simples acteurs d’une pièce dont ils ne connaissaient ni les actes, ni le texte. Ces hommes ont prétendu gouverner le pays, alors qu’ils n’ont pas même gouverné leur propre vie, butant comme des aveugles sur les évènements. Il est grand temps que ces débris quittent ce monde et rejoignent l’enfer où ils pourront continuer leurs querelles de légitimité. 

Choses vues....


Vu il y a quelques temps C.L, raide, ridicule de bronzage, sorte d’insecte d’un physique assez étonnant. Simple porte parole, incapable de penser  une idée seulement d’articuler correctement l’anglais, convaincue de son importance, assez aveugle pour croire en elle même. Croisé son prédécesseur, descendant d’une Audi, mon voisin depuis peu, lourd, fatigué, sorte d’ours entouré de gorilles. Un regard, un sourire, aucune réponse. 

Juin 2010


Un ministre, 10h45, a t-il l’élocution difficile naturellement, ou est-il trés fatigué, je reste dans l’incertitude. Son discours trop excessif, bourré de qualificatifs, sorte de dithyrambe sans limite, sans fin, me sidère. A sa relecture, quelques jours plus tard, après contrôle du verbatim par son cabinet, il me reste entre les mains, comme un objet incompréhensible.
Etonnant personnage. Le personnage me surprend, comme un objet inconnu, un objet dont on ne connaitrait pas l’usage, insaisissable. Un autre ministre lui succède, classique. normalien, il plait à mes collaborateurs. 
Entre les deux ? J’avoue que mon goût me porterait vers le premier, pour la conversation, l’amitié, le débraillé. Le second m’ennuie. 

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